• Ne vas pas gentiment dans cette douce nuit..

    Ne vas pas gentiment dans cette douce nuit............

    La maison de Thomas à Laugharne, appelée le Boat House

    ****

    (Original)

    Do not go gentle into that good night

    Do not go gentle into that good night,
    Old age should burn and rave at close of day;
    Rage, rage against the dying of the light.

    Though wise men at their end know dark is right,
    Because their words had forked no lightning they
    Do not go gentle into that good night,

    Good men, the last wave by, crying how bright
    Their frail deeds might have danced in a green bay,
    Rage, rage against the dying of the light.

    Wild men who caught and sang the sun in flight,
    And learn, too late, they grieved it on its way,
    Do not go gentle into that good night,

    Grave men, near death, who see with blinding sight
    Blind eyes could blaze like meteors and be gay,
    Rage, rage against the dying of the light.

    And you, my father, there on the sad height,
    Curse, bless, me now with your fierce tears, I pray.
    Do not go gentle into that good night,
    Rage, rage against the dying of the light.

     Dylan Thomas 1914 – 1953 

    ***

    Traduction de Rolland Pauzin, conservant la forme de la villanelle :

    Ne vas pas gentiment dans cette douce nuit
    L’âge devrait brûler ou briser sa clôture
    Rage, rage et combats la mort du soir qui luit

    Bien qu’un sage vieillard sait que le trou noir suit,
    Ses mots étant sans lux, aucune créature
    Ne va docilement dans cette douce nuit.

    Bonhomme prés du but, pleurant pour ce vert buis
    Brillant, où danseraient ses dernières mesures,
    Rage, rage et combat la mort du soir qui luit.

    L’excité qui chantait le vol d’un soleil cuit
    Et qui apprend trop tard le deuil de ses brûlures,
    Ne va docilement dans cette douce nuit.

    L’homme grave et mourant, dont les yeux, tels des puits,
    Peuvent de joie briller avant leurs fermetures,
    Rage, rage et combat la mort du soir qui luit.

    Et toi père en ce corps qui tristement s’enfuit,
    En pleurs fiers, maudis-moi, bénis-moi, je t’adjure,
    Ne vas pas gentiment dans cette douce nuit
    Rage, rage et combats la mort du soir qui luit.

     

    http://ectsaai.blogspot.de/

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  • Nothing in November / Rien en novembre.

    Nothing in November / Rien en novembre...........

     

    Île de Caldey

    ****

    Nothing in November
    but dark days
    of black seas raging
    pounding the broken shore,
    blinding spray
    and the foam roaring,
    pouring
    through the red teeth
    of the red raw rock
    scarred by the buffeting
    of endless storms
    and the wild sea lashing.
    Dark days merge into sights
    when the sea of my heart
    refuses rest.

    When the biting cold
    chills the bone,
    and the endless
    roar and motion,
    and the cry
    of the storm-crossed gulls
    singing, ringing in the air,
    when the howl
    of the salt-laden wind,
    sharp as a knife,
    cuts into the soul,
    until the unbearable
    endless night
    meets the dawn…
    and the gentle rain.

    David Hodges (frère David Hodges)

    Traduction francaise de Jean-Marie Flémal

     

    Rien en novembre

    Rien en novembre
    hormis les sombres journées
    des flots noirs qui font rage
    et battent le rivage brisé,
    les embruns aveuglants
    et l’écume rugissante,
    le déferlement des eaux
    par les dents rouges
    des rouges et rudes rochers
    que lacèrent les coups répétés
    des tempêtes interminables
    et ceux de la mer sauvage.
    De sombres journées
    se fondent en visions
    lorsque la mer de mon cœur
    refuse le repos.

    Quand le froid mordant
    glace les os,
    et le grondement infini
    et le mouvement sans fin,
    et le cri modulé
    et sonore dans le ciel
    des goélands traversés par la tempête,
    quand le hurlement
    du vent chargé de sel,
    affûté comme une lame,
    taille dans l’âme,
    jusqu’à ce que l’insupportable
    et interminable nuit
    rencontre enfin l’aurore…
    et la pluie paisible.

    *******

    David Hodges (frère David Hodges) est un moine cistercien de l’abbaye de Caldey, sur l’île de Caldey, au large de la côte galloise, au Royaume-Uni. La poésie du frère Davi reflète la vie monastique de prière dans un décor insulaire. Les paysages marins, la faune et la flore de l’île, le vol des oiseaux, la liturgie, la mémoire et les questions contemporaines : c’est là que se trouve le matériel qui alimente la plume du poète.

    Vous en découvrirez plus à son propos ici :
    http://www.davidhodgespoetry.co.uk/

     

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  • Souvenir..

    Souvenir....Ahmed ARARBI, Algérie

    ls ne restent que des souvenirs,
    Ces jours qu’on a passés en commun.
    Etant jeune, on n’a profité de tant de plaisirs
    A présent, on nous a séparés du destin.
    En ce temps là, nos nos ennuis semblaient fuir,
    Ah ! Les longues veillées à deux, pleines d’entrain !

    Avec toi, je voyais ces jours éternels
    Où l’amour ne cesserait de prospérer.
    Plus jamais d’amertume nouvelle
    Et l’on verra la paix s’installer,
    Car on nous a oint d’une inquiétude cruelle
    Qui s’est enracinée dans le cœur pour durer.
    Celle-ci a brisé notre espoir conventionnel,
    Chacun de nous se retrouve désorienté.

    Le lieu ou nous fîmes connaissance,
    Je m’empresse de m’y déplacer.
    Aussitôt, ton visage surgit dans ma conscience
    Je le fixe des yeux, par des larmes inondés
    Les ans nous ont séparés par coïncidence,
    Ceux là mêmes qui ont lié notre amitié
    A présent, elle s’avère sans importance
    Puisque de moi, ils viennent de t’éloigner.

    Quand le printemps nous a quitté,
    Nous avons regretté la verdure.
    Qui a cru à cette réalité
    De nous voir plongés dans un vain futur ?
    Maintenant que notre tour est arrivé,
    Notre amour est balayé par le vent à vive allure.
    C’est à croire qu’il n’a jamais existé,
    Car dès le début, il avait déjà connu l’usure.

    Ahmed ARARBI

    Avec l’aimable permission de l’auteur

    Publlié le 15 septembre a Paris chez les éditions EDILIVRE
    dans un recueil de poésie intitulé “le regard vers le passé

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  • Liberté.

    Liberté.........

    Liberté.
    Que son esprit
    Nous hante,
    Nous tenaille,
    Nous charme tous !
    Liberté.
    Le temps viendra-t-il
    Où mes idées pourront vagabonder
    Par les déserts de ce vaste pays,
    Dans les cavernes du Quartier Dépeuplé ?
    Où je pourrai libérer ma voix,
    Faire retentir dans le silence d’un peuple taiseux mon cri,
    Une voix parmi les sans-voix ?
    Donner
    À mûrir, grandir et s’épanouir,
    Dans la désolation nue des esprits enferrés,
    Mes pensées s’entrechoquant
    En une spirale sans fin ?
    Mon esprit sera-t-il libéré –
    Pour s’élever par-dessus les ondulantes frondaisons des palmiers ?
    Mon essence et mon cœur seront-ils libérés
    A jamais
    De leurs entraves ?
    Du Tu-Ne-Feras-Point fait homme ?

    ***

    L’Original :

    The Longing (Released : 3/29/2003)

    Freedom.
    How her spirit
    Haunts,
    Hooks,
    Entices us all !
    Freedom.
    Will the time come
    For my ideas to roam
    Across this vast land’s deserts
    Through the caverns of the Empty Quarter ?
    For my voice to be sent forth,
    Crying out in the stillness of a quiet people,
    A voice among the voiceless ?
    For my thoughts, that hurl around
    In a never-ending spiral,
    To settle
    To mature, grow and flourish
    In the barren wasteland of shackled minds ?
    For my thoughts, that hurl around
    In a never-ending spiral,
    To settle
    To mature, grow and flourish
    In the barren wasteland of shackled minds ?
    Will my spirit be set free–
    To soar above the undulating palm fronds ?
    Will my essence and heart be unfettered,
    Forever
    Freed,
    Of man-made Thou Shall Nots ?

    (29 mars 2003)

    Nimah Ismaïl Nawwab

    Traduit et adapté de l’anglais par Jean-Marie Flémal.

    Avec l’aimable autorisation de l’auteur

    Femme de lettres anglaise, Nimah Ismaïl Nawwab est également photographe,conférencière et poétesse internationalement reconnue. Elevée en Arabie saoudite, elle est considérée comme une pionnière de l’écriture féminine. Les principaux médias en ont fait une « ambassadrice culturelle » , une « voix des femmes arabes », une « pionnière » s’appuyant sur toute une série de conférences et présentations interactives dans divers pays, tant de l’Orient que de l’Occident.

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  • Nuits de carnaval.

    Nuits de carnaval......Afrique du Sud, Amitabh Mitra

    C’est un soir qui grince en

    touchant les ombres d’une esquisse
    de sourire
    d’un rire lent comme libéré
    Les aloès et les herbes folles s’agitent
    sur des accents de jazz
    La fatigue rompt ses fers
    une fois parcourue l’orbe d’un lointain soleil
    Les mots ont perdu le chemin du retour
    comme d’habitude
    Un poème s’est déroulé
    depuis un coin de ton œil
    Mdantsane explose dans la confusion
    d’une autre nuit carnavalesque

    Amitabh Mitra
    traduit de l*anglais en français par Jean-Marie FlémalAvec l’aimable autorisation de l’auteur et du traducteur

     

     

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  • Encre lavande

    Encre lavande......Australie, John Tranter.....

    Tiens, la voilà : miss Béate, somnolant
    à l’ombre d’un parasol Campari. A côté d’elle,
    un bouquin – quelque chose de brillant : Callimaque,
    disons, imprimé dans une élégante typo vénitienne –
    lu à moitié (et il reste encore
    les métaphores les plus osées !),
    un verre de gin, buée froide
    fleurissant sur le cristal. L’air
    caresse sa peau
    et la hi-fi du voisin joue
    « I Can’t Get Started » dans un recoin
    lointain de l’après-midi.

    Voiliers sur l’eau.
    Tintements de glaçons.

    Je t’imagine lisant ces lignes,
    redécouvrant Sydney
    dans un millier d’années, sans
    comprendre tout de suite : tu auras raté
    la délicate gueule de bois, le murmure distant
    de la ville, l’odeur de cette encre
    séchant sur la page.

    Traduction et adaptation par Jean-Marie Flémal

    (d’après John Tranter)

    ***

    Original :

    Lavender Ink

    Look, there she is : Miss Bliss, dozing
    in the shade of a Campari umbrella. Beside her
    a book – something brilliant : Callimachus,
    let’s say, printed in an elegant Venetian type –
    half-read, with the most alarming
    metaphors to come,
    and a glass of gin, a cool dew
    blooming on the crystal, the air
    kissing her skin
    and the neighbour’s hi-fi playing
    ’I Can’t Get Started’ in a distant
    corner of the afternoon.

    The yachts on the water.
    The tinkle of ice.

    I’m thinking of you reading this,
    reinventing Sydney
    a thousand years from now, and not
    getting it quite right : missing the
    delicate hangover, the distant murmur
    of the city, the scent of this ink
    drying on the page.

    © 2004 

    Avec l’aimable autorisation de l’auteur et du traducteur

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  • LABYRINTHE.

    LABYRINTHE..... Jorge Luis Borges..........Argentine,.

    Il n’y a pas de porte. Tu y es
    Et le château embrasse l’univers
    Il ne contient ni avers ni revers
    Ni mur extérieur ni centre secret.
    N’attends pas de la rigueur du chemin
    Qui, obstiné, bifurque dans un autre,
    Qu’il ait une fin. De fer est ton destin
    Comme ton juge. N’attends pas l’assaut
    Du taureau qui est homme et dont, plurielle,
    L’étrange forme est l’horreur du réseau
    D’interminable pierre qui s’emmêle.
    Il n’existe pas. N’attends rien. Ni cette
    Bête au noir crépuscule qui te guette

    Jorge Luis Borges (1899 – 1986)

     

     

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  • VERS

    VERS........Clovis Tisserand (1835-1898)

    Ecrits après une visite au Cimetière du Père-Lachaise

    Je suivais, tout pensif et sombre, ces allées
    Que bordent de milliers de tristes mausolées,
    Rêvant l’éternité dont la tombe est le seuil ;
    Je voyais la nature elle-même être en deuil :
    Les feuilles des rameaux, par le froid détachées,
    Voltigeaient sur le sol, jaunes et desséchées.
    L’hiver venait, l’hiver et toutes ses rigueurs
    Qui glacent le vieillard, les plantes et les fleurs ;
    Mais la nature, quand reviendra l’hirondelle,
    Au printemps renaîtra plus riante et plus belle.
    Accablé par les maux et courbé par le temps,
    L’homme, jamais hélas ! ne revoit son printemps.

    Clovis Tisserand (1835-1898)


    ( source Gallica )

     

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  • La Poèsie

    La Poèsie..... Maurice Olivaint,

    Je suis la confidente et la compagne douce
    Qui jamais ne refuse et jamais ne repousse;
    Mon amour est un lac calme et silencieux,
    Discret comme les bois et pur comme les cieux,
    Dont les bords sont remplis de parfums, dont les ondes
    Bercent des baisers bleus et des caresses blondes.
    Oh! viens, poète aimé, te baigner dans mes eaux;
    La brise chante et change en flûtes les roseaux,
    Et répand sur mon sein les pétales des roses.
    Je t’apporte l’oubli des minutes moroses;
    Je suis l’apaisement qui s’offre aux désespoirs.
    Autour de mes bras blancs roule tes cheveux noirs,
    O mon poète! A l’heure où chacun te repousse,
    Viens reposer en moi, car je suis la plus douce!

    (Maurice Olivaint 1860 – 1929)

    Extrait: Poèmes de France et de Bourbon

    Source: Gallica

     

     

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