• Le désespoir assis sur un banc...!

    Le désespoir assis sur un banc...!................Jacques Prévert .

    Dans un square sur un banc
    Il y a un homme qui nous
    appelle quand on passe
    Il a des binocles,un vieux
    costume gris
    Il fume un petit ninas,il est assis
    Et il vous appelle quand on passe
    Ou simplement,il vous fait signe
    Il ne faut pas le regarder
    Il ne faut pas l'écouter
    Il faut passer
    Faire comme si on ne le voyait pas
    Comme si on ne l'entendais pas
    Il faut passer,presser le pas
    Si vous le regardez
    Si vous l'écoutez
    Il vous fait signe et rien ni personne
    Ne peut vous empêcher d'aller vous asseoir
    près de lui.

    Alors,il vous regarde et sourit
    Et vous souffrez atrocement
    Et l'homme continue de sourire
    Et vous souriez du même sourire
    Exactement
    Plus vous souriez,plus vous souffrez
    Atrocement
    Plus vous souffrez,plus vous souriez
    Irrémédiablement
    Et vous restez là
    Assis,figé
    Souriant,sur le banc
    Des enfants jouent tout près de vous
    Des passants passent
    Tranquillement
    Des oiseaux s'envolent
    Quittant un arbre
    Pour un autre
    Et vous restez là
    Sur le banc
    Et vous savez,vous savez
    Que jamais plus vous ne jouerez
    Comme ces enfants
    Vous savez que jamais plus vous ne
    passerez
    Tranquillement
    Comme ces passants
    Que jamais plus vous ne vous envolerez
    Quittant un arbre pour un autre
    Comme ces oiseaux.

    - Auteur: Jacques Prévert
    - Tous Droits Réservés -

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  • Le Pont de Céret, dit "Pont du diable"

    Le Pont du Diable ou Vieux Pont de Céret est un pont de pierre à arche unique datant du XIVᵉ siècle. Il se trouve dans la ville de Céret dans le département des Pyrénées-Orientales et la région Languedoc-Roussillon dans le sud de France

    C_ret_le_pont_du_diable__5_a"Anciennement, dit la légende, Céret ne communiquait avec la rive gauche du Tech qu'au moyen d'une simple passerelle de planches posées sur de gros cailloux. Au moindre orage, les eaux emportaient ce pont rudimentaire." Il fallut un nouveau pont.
    Construit entre 1321 et 1341, d'une portée d'arc de 45,45 mètres, 4 mètres de largeur, la distance de sa clef de voûte au niveau des eaux ordinaires est de 22,30 mètres. Il fut à la base de la légende du diable à qui il doit son nom. Ce n'est pas vraiment un lieu sacré, mais le diable n'est pas là pour rien...


     
    La légende du pont du Diable
    Nous sommes au XIVème siècle. A cette époque les deux rives du Tech étaient joints par un pont de bois régulièrement emporté par les crues de ce fleuve côtier si imprévisible.
    Il vint un jour aux cérétans une idée fort naturelle : faire un pont solide en maçonnerie; mais les rives du Tech étaient fort escarpées, à quelle endroit le construirait-on ? On manda les ingénieurs du pays qui, après une sérieuse inspection des lieux, déclarèrent le projet irréalisable. L'un d'eux pourtant, après bien des hésitations, alléché par la grosse somme offerte, se chargea de l'entreprise et prit l'engagement de l'amener à bonne fin dans un an. Notre ingénieur dressa les plans, tandis que les habitants se mirent en mesure de réunir l'argent promis. Les travaux commencèrent et furent poussés rondement. Bientôt les deux culées se dressèrent au Grau d'Exala. Les charpentiers établissaient l'échafaudage de la voûte. Malheur ! Un gros orage survint qui fit déborder le fleuve de ses rives; les eaux emportèrent culées et échafaudages ! Les cérétans, très contrariés, crièrent après l'ingénieur qui, cependant, n'eu pas de peine à leur faire comprendre qu'il n'y avait pas de sa faute. Pour se remettre à l'ouvrage il demanda 5000 ducats de plus. Il les eut. Six mois après le pont enjambait le Tech avec son grand arc de pierre, en une semaine tout allait être fini. Les cérétans jubilaient et félicitaient l'ingénieur.
    C_ret_le_pont_du_diable__2_aTout à coup  on entendit un terrible et long craquement : les claies de l'échafaudage se rompirent, la voûte s'écroula, plus de pont ! La colère des cérétans fut à son comble. Ils accusèrent l'ingénieur d'être l'auteur de tout le mal et lui signifièrent, par la bouche de leurs consuls, qu'il aurait à relever le pont dans un délai de six mois, et cela sans nouvel appel à leurs bourses, ou ils le pendraient haut et court.
    Le pauvre ingénieur se remit au travail; ce qu'il sua et trima Dieu seul le sait. Cependant le jour fixé, jour fatal, approchait. La veille tout allait bien, mais de larges nuages se traînaient sur les cimes du Boularic, puis descendirent dans la vallée. Un vent froid, rapide, violent, se précipita et tourna dans la plaine; le tonnerre gronda, les éclairs déchirèrent les nuages : c'est un orage, une tempête, une trombe d'eau ! Le fleuve descendit à grand bruit, se gonfla, gorgea les berges, emporta tout ce qui lui faisait obstacle. Le pont de Cérêt n'était déjà plus ! L'ingénieur désespéré pris la fuite par les sentiers de montagne. Tout à coup une espèce d'homme, grand, maigre, sec, le saisit par le bras.
    04- "Où vas-tu ?"
    - "Que t'importe; laisse-moi passer"
    - "Je sais qui tu es et je veux te sauver"
    - "Et toi, qui es-tu ?"
    - "Que t'importe; laisses moi faire. Ce soir à minuit, le pont sera relevé; seulement je met une condition : tu me livreras le premier vivant qui le traversera."
     
     
    L'ingénieur tressailli de frayeur; reconstruire le pont en quelques heures ! Le Diable seul était capable d'un pareil effort.
     
    PontCeret-
    "Et bien que dis-tu de cela ?"
    - "J'accepte", murmura l'ingénieur.
     
     
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  •  LA FLEUR DE REVE

    Nous cueillerons la fleur de rêve 

    Sur les bords de la mer d'amour. 

    Veux-tu? Nous irons, au déclin du jour, 

    Tous deux nous asseoir sur l'or de la grève. 

     

    Les gardénias, ainsi que des pleurs, 

    Dans le sein des eaux répandent leurs fleurs; 

    La vague molle et murmurante 

    Mêle sa voix aux doux aveux; 

     

    Un long balancement de corolle odorante 

    Caresse la senteur subtile des cheveux, 

    Et mêle les parfums épars dans la prairie 

    Aux parfums de la rêverie. 

     

    Murmure des flots, murmure d'amour, 

    Parfums de corolle et parfums de rêve 

    Errent lentement le soir sur la grève 

    Où je veux t'attendre au déclin du jour. 

     

    Tous deux nous irons sur l'or de la grève : 

    Nous cueillerons la fleur de rêve 

    Sur les bords de la mer d'amour. 

    Maurice Olivaint

    Poèmes de France et de Bourbon. 

    --------

    Il n'y a pas d'amour sans l'éternité du soir ! (Illustration). 

    “Quel est l’auteur au monde qui vous enseignera la beauté aussi bien qu’un regard de femme ?”

    William Shakespeare "Peines d’amour perdues"

    Présenté par J.A. Illustration Google.  

    Engagement à retirer les photos en cas de demande des ayants droit

     

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  • MAMAN

    Maman

       A crié l’enfant.

    Maman, dis Maman

    Où es-tu, Où es-tu Maman ?

     

    Autour de lui,

    Les gens couraient,

    Les yeux fous, en hurlant.

    Ils ne le voyaient pas.

    Ils ne l’entendaient pas.

    Ils …. ne l’écoutaient pas.

     

    Il a gratté la terre.

    Il a retourné les pierres.

    Les ongles arrachés,

    Les mains en sang,

    Il a continué,

    Longtemps, longtemps, longtemps.

     

    Puis comme une corolle

    Qui s’épanouit au soleil,

    Au ras du sol ,

    Une main grande ouverte

    S’est tendue vers l’enfant.

    Il y a posé la joue,

    Doucement, doucement.

    Il a fermé les yeux,

    Pour longtemps …. Pour longtemps.

     

             C’est la guerre, monsieur, c’est la guerre !

     

         Mais la PAIX ………….. ??

     

    Marcelle Betbeder

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  •   L'enfant soldat


    L'enfant soldat n'a plus de joies
    Il perd son enfance et apprend la souffrance
    Il perd son innocence et apprend la cruauté
    Il devient adulte sans avoir été enfant
    Il ne sait plus ce qu'aimer veut dire...
    Il apprend à tenir une arme
    Il apprend à ...tuer
    L'adulte lui transmet sa haine, son fanatisme
    Ou brandit un dieu de pardon
    Et l'illusion d'un monde meilleur
    Dans un paradis illusoire
    L'adulte, sans  pitié manipule l'innnocence
    L'enfant confiant croit en l'adulte !
                        Jacqueline. L (texte protégé)
     

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  • MIDI sur le Mékong

    La nature se tait. — La rivière et la plaine

    Ont l’immobilité muette de la mort ;

    L’anéantissement, pesant comme un remords,

    Ecrase les rumeurs dont la terre était pleine ;

     

    Nul bruit ; l’on entendrait le vol d’une phalène ;

    Les oiseaux haletants éteignent leurs voix d’or ;

    Et l’homme, au bercement de son hamac, s’endort

    Sous les feuilles qu’effleure une fiévreuse haleine.

     

    Ainsi le sommeil lourd, enivrant, anxieux,

    Porté par les rayons, glisse le long des cieux

    Où le soleil lassé mollement se balance…

     

    Tandis que la paresse impassible descend

    Sur les sens assoupis du monde languissant,

    Ma pensée engourdie écoute le silence.

    Maurice Olivaint

    [Fleurs du Mé-Kong.)

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  • Algues du soir

    Algues du soir

    Algues du soir
    Seul, dans le noir
    couché sur le silence,
    j’écoute les battements du vent,
    et ceux de mon cœur
    qui me répète, inlassablement :
    «  Tu es vivant, tu es vivant… »

    La nuit, royaume des poètes,
    refuge des goélands,
    postés à la vigie du temps,
    à la blanche proue de l’espoir
    Guetteurs limpides et frémissants
    près des falaises aux reflets noirs
    quand les vagues lacèrent les brisants…

    Il suffit que passe une femme
    légère, évanescente, diaphane
    avec un clair sourire d’enfant
    pour que le cœur ouvre sa bonde
    délivre l’encre des sentiments
    et l’aube d’un nouveau monde…

    Elle sera couleur d’aurore
    et le poème un sémaphore
    pour les amants incandescents

    L’amour se nourrit de lumière
    de sourires, de roucoulements,
    de furtifs battements de paupière
    et des foisonnements du sang…

    Au loin, s’écoule une rivière
    que le soleil nappe d’argent
    et le corps nu de mon amante
    est la forêt dont je m’éprends

    Je parcours ses clairières, ses sentes
    Mes mains, devenues oiseaux,
    volettent et s’enchantent,
    se posent épanouies sur ses branches
    sur ses vallons, sur ses coteaux
    et font leur nid dans la mousse douce
    au confluent de ses roseaux…
    Le désir rosit sa chair,
    en elle tremblent des ruisseaux
    Lorsque mon désir la pénètre
    elle ferme les yeux, pour que naissent
    en elle, un arc-en-ciel de pâquerettes
    et un plaisir qui roule comme un torrent
    sur son ventre devenu volcan…
    ( blog : lesmotsdalin.wordpress.com)

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  • Un p’tit peu tout seul…

    Un p’tit peu tout seul…..........lesmotsdalain

    Un p’tit peu tout seul…
    Quand j’me sens un p’tit peu tout seul
    dans le silence et son linceul,
    je rêve à l’amour, qui n’existe pas,
    seulement dans les opéras
    pour Carmen ou la Traviata
    ou dans les chansons à deux sous
    qui remplacent le roudoudou
    que l’on suçait dans notre enfance…

    Aussi, ces millions de : «  Je t’aime »
    qui s’évaporent, comme la buée,
    sur les vitres, à la mi-carême…

    Le carnaval de l’espérance
    qu’on agite, comme un grelot
    pour les ceux qui n’ont pas eu d’chance
    et que Dieu qui, lui non plus, n’existe pas
    un jour ou l’autre consolera
    puisque chacun ou chacune, ici-bas
    selon les évangélisateurs,
    aurait droit à un peu de bonheur
    qui viendra peut-être… tout à l’heure
    s’ils prient sagement dans leur coin
    et ne réclament pas trop de pain…

    Sans idoles et sans gourous
    on se console comme on peut
    On suit son chemin jusqu’au bout
    pour trouver un peu de ciel bleu

    Parfois, au détour d’une rue,
    on rencontre un joli sourire
    d’une femme qui fait le pied de grue
    Y’a des métiers qui sont bien pires…
    Semblant d’amour du genre vénal
    pour évacuer ce qui fait mal :
    la solitude existentielle
    qui te condamne, loin du ciel,
    à être prisonnier du corps
    qu’on t’a donné à ta naissance
    et que t’habites jusqu’à ta mort…

    C’est quand on est un peu désespéré
    qu’on écrit que l’amour est un leurre
    car conjuguer le verbe aimer
    au point du jour, au chant de l’heure
    c’est quand même notre seul allié
    dans notre quête du bonheur
    et ce désir qui nous fait vivre
    puis, comme la poésie, nous enivre…
    ( blog : lesmotsdalain.wordpress.com)

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  • Dans cet incessant va et vient de mots,

    Dans cet incessant va et vient de mots,.................Nathalie Cougny

    Comme une cueillette de printempschauds,

    On se cherche, on se trouve, on se quitte,

    On étire le temps qui généreusement nous invite.

     

    On voudrait s’aimer et tout se dérober l’un l’autre,

    On voudrait s’aimer sans prétextes, aux confins des possibles,

    Se murmurer des silences en cachette, d’un rêve à l’autre,

    Se vivre, se respirer pleinement, avec le cœur pour cible.

     

    On se déguste, on se régale, on se savoure,

    Inconnus à la porte des espérances.

    On se kidnappe, on se dépouille, on se parcourt,

    De nos histoires en parfaite résonance.

     

    L’amour nous emporte dans son cortège d’absolu,

    On perd pied aux premiers instants parcourus.

    Tu m’emportes dans la cour des miracles, en vie

    Et je me laisse faire doucement, sans bruit.

     

    Nathalie Cougny

    Recueil "Entre eux d

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